Le point de vue
Quel budget publicitaire ? Si on vous répond par un chiffre, fuyez.
Je n'ai pas de montant à vous donner, et personne ne devrait vous en donner un sans connaître votre activité. Ce qui existe, en revanche, ce sont les mécaniques qui décident du budget à votre place.
En bref
- Il n'existe aucun budget type. Le montant dépend de votre activité, de ce que vous avez déjà en main, de votre concurrence et de votre rapport au risque.
- Sous un certain seuil, la publicité ne produit pas peu de résultats. Elle n'en produit aucun d'exploitable.
- Une campagne courte n'est pas une campagne. Les régies fonctionnent sur des algorithmes, et un algorithme a besoin de volume pour apprendre.
- Le clic coûte vingt centimes sur un réseau social et jusqu'à quinze euros sur certains mots-clés Google. Ce n'est pas le même métier.
- Votre taux de conversion pèse plus lourd que votre budget : passer de 1 % à 3 % divise votre coût d'acquisition par trois.
- Une publicité ne se lance pas, elle se pilote. Sans mesure, vous ne saurez jamais ce qui s'est passé.
Sommaire
- 01La réponse honnête tient en deux mots
- 02Pourquoi la question est mal posée
- 03Si vous avez cent euros par mois, gardez-les
- 04Une campagne courte n'est pas une campagne
- 05Le coût du clic change tout
- 06Le levier que presque personne n'actionne
- 07De quoi dépend réellement le montant
- 08Les canaux, et ce qu'ils supposent
- 09Deux cas qui montrent qu'il n'y a pas de réflexe
- 10Une campagne, ça se pilote
- 11Alors, quel budget ?
La réponse honnête tient en deux mots
Ça dépend.
Je sais que ce n'est pas ce qu'on vient chercher. On vient chercher un chiffre, une fourchette, quelque chose à inscrire dans un tableau. Et je pourrais vous en donner un, ça ne coûte rien. Il serait faux.
Le budget publicitaire dépend de votre activité, de votre secteur, du canal que vous utilisez, de votre concurrence, de ce que vous avez déjà en main, de votre structure, de votre capacité à encaisser un mois sans retour. Changez un seul de ces paramètres et le montant change du simple au décuple.
Celui qui vous répond « il faut mettre X euros » sans avoir posé une seule question ne connaît ni votre métier ni votre marché. Il récite un chiffre.
Maintenant, vous n'êtes pas là pour lire ça et repartir. Alors on va faire autrement. Je ne vais pas vous donner le montant, je vais vous donner les mécaniques qui le décident. Une fois qu'on les a comprises, la question change, et vous saurez la poser correctement, à moi ou à quelqu'un d'autre.
Pourquoi la question est mal posée
Avant de parler de montant, il faut désamorcer trois croyances. Tant qu'elles tiennent, aucun budget ne fonctionnera, quel qu'il soit.
Vous n'achetez pas des vues, vous achetez de l'apprentissage
C'est le renversement le plus important de cet article. Le premier mois de publicité ne sert pas à gagner de l'argent. Il sert à savoir si ce canal peut vous en rapporter.
Vous payez pour découvrir quel message accroche, quelle audience réagit, quel prix vous coûte réellement un contact. Cette information n'existe nulle part ailleurs. Elle ne se devine pas, elle ne s'achète pas dans une formation, elle se paie en budget dépensé.
Ce n'est donc pas de l'argent perdu. C'est un investissement dans l'apprentissage, et il faut l'accepter avant de commencer, pas le découvrir après.
Les régies ne vous laissent pas dépenser comme vous voulez
Beaucoup de gens imaginent pouvoir compenser une durée courte par un gros montant. Mille euros sur deux jours plutôt que sur un mois. Ça ne marche pas, et ce n'est même pas autorisé.
Les plateformes plafonnent votre dépense quotidienne, particulièrement sur un compte récent. Ce n'est pas de la mauvaise volonté commerciale : les dépenses massives et instantanées ont longtemps été l'outil du piratage, du spam et des campagnes frauduleuses. Les régies ont donc mis des limites systématiques.
Conséquence directe : la durée n'est pas une variable d'ajustement, c'est une contrainte imposée. Vous pouvez décider du montant, pas de la vitesse à laquelle vous le dépensez.
Ce que coûte une campagne avant de coûter quoi que ce soit
Le budget média n'est pas le premier coût. Avant qu'un seul euro parte en diffusion, il faut construire ce qui va être diffusé, et de quoi mesurer ce qui se passe.
Concrètement, il faut au minimum :
- les visuels et les vidéos, en plusieurs versions, parce qu'on ne sait pas d'avance laquelle fonctionne ;
- les textes publicitaires, eux aussi déclinés pour être comparés ;
- la page d'arrivée, qui doit reprendre la promesse de l'annonce ;
- la configuration du suivi : cookies, consentement, événements, conversions ;
- le raccordement des outils, typiquement Google Tag Manager et Google Analytics, pour que chaque demande de devis soit rattachée à sa source.
Sans cette mise en place, vous diffusez à l'aveugle. Vous verrez de l'argent sortir et vous n'aurez aucun moyen de savoir ce qu'il a produit. C'est exactement jouer les yeux bandés, en payant pour le privilège.
Ce travail a un coût, en argent ou en temps. Il doit entrer dans votre budget publicitaire, sinon votre budget publicitaire est un chiffre imaginaire.
Si vous avez cent euros par mois, gardez-les
Je vais être direct, parce que c'est la situation la plus fréquente et que personne ne le dit franchement.
Un petit budget ne produit pas peu, il ne produit rien
Ce n'est pas une question de proportion. On pourrait croire qu'avec dix fois moins de budget on obtient dix fois moins de clients. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
En dessous d'un certain volume, vous ne franchissez jamais le seuil où les choses commencent à produire. L'algorithme n'a pas eu le temps d'apprendre, vous n'avez pas assez de données pour distinguer ce qui marche de ce qui ne marche pas, et vous ne pouvez corriger nulle part. Vous n'obtenez pas un petit résultat, vous obtenez du bruit.
Ce que ces cent euros font mieux ailleurs
Cet argent n'est pas inutile. Il est mal placé.
Avec cent euros, vous pouvez financer une vraie raison de venir chez vous. Une offre de lancement. Un cadeau à celui qui passe la porte. Un rendez-vous offert. Une vidéo correcte qui servira pendant deux ans. Quelque chose qui donne un motif concret d'entrer en contact.
Faites venir des gens pour de vrai plutôt que d'acheter la possibilité théorique d'être vu. Le résultat est immédiat, il est mesurable, et il ne dépend d'aucun algorithme.
Le bouton « Booster », c'est un produit d'appel
Instagram vous le propose. Facebook aussi. Google s'y met de plus en plus. Une notification, une promesse ronde, « touchez jusqu'à X personnes pour 10 € », et un bouton.
Ce que vous achetez là n'a rien d'une campagne. Pas de structure, pas de ciblage sérieux, pas d'objectif de conversion, pas de suivi. Vous achetez de l'affichage, et l'affichage produit exactement ce pour quoi il est conçu : des likes, quelques abonnés, un compteur de vues qui monte.
Autrement dit, des chiffres qui ne paient personne. Le bouton existe pour vous faire entrer dans la mécanique et vous revendre plus grand ensuite. C'est un produit d'appel, pas un outil d'acquisition. Et c'est souvent par là que le budget social part en fumée, sans que personne n'ait mal fait son travail.
Une campagne courte n'est pas une campagne
Un algorithme apprend, et apprendre prend du temps
Toutes les régies publicitaires fonctionnent de la même façon : un algorithme décide à qui montrer votre annonce, et il ajuste en fonction de ce qu'il observe.
Pour ajuster, il lui faut de la matière. Des impressions, des clics, des conversions, en quantité suffisante pour dégager des tendances. Tant qu'il n'a pas ce volume, il diffuse au hasard éclairé. C'est ce qu'on appelle la phase d'apprentissage, et elle se compte en semaines, pas en heures.
Une campagne de trois jours s'arrête pendant cette phase. Vous avez payé l'apprentissage sans jamais toucher ce qu'il devait produire.
Les vraies exceptions
Il en existe. Une opération commerciale, un déstockage, une ouverture, une date limite réelle. Là, une campagne courte a du sens parce que l'offre elle-même est courte.
Mais regardez bien : ces opérations tiennent parce qu'elles s'appuient sur un compte déjà chauffé, une audience déjà constituée, un historique de conversions déjà là. L'exception confirme la règle plutôt qu'elle ne l'annule. On ne démarre pas par une exception.
Le coût du clic change tout
Voilà où le montant commence vraiment à se dessiner. Pas dans un pourcentage du chiffre d'affaires, mais dans ce que coûte une visite chez vous.
Google Ads : on vous cherche, mais vous payez cher
Sur Google, vous achetez une intention. Quelqu'un tape une requête, il a un besoin, maintenant. C'est ce qui rend ce canal si efficace, et c'est ce qui le rend cher.
Prenons mon propre secteur. « Agence de communication », « création de site internet », « agence web » : sur ces mots-clés, le clic se paie entre sept et quinze euros. Un clic. Pas un client, pas un devis, pas un appel. Une visite.
Et parmi ces visites, il y a des concurrents qui viennent voir ce que vous racontez. Le phénomène est assez répandu pour qu'il existe des logiciels dont le seul rôle est de filtrer ces clics et de vous éviter de les payer.
Faites le calcul avec un petit budget : deux cents euros vous achètent une vingtaine de visites. Sur vingt visites, vous ne pouvez rien conclure, rien comparer, rien corriger. Vous avez dépensé sans rien apprendre.
Meta et les réseaux : le clic est bon marché, l'attention l'est moins
Sur Meta, donc Facebook et Instagram, le clic tombe souvent entre vingt et quarante centimes. À budget égal, vous achetez trente fois plus de visites que sur Google. C'est énorme, et c'est un vrai avantage pour apprendre vite.
Sauf que ces gens ne cherchaient rien. Ils faisaient défiler un fil, votre annonce est passée, ils ont cliqué par curiosité. L'intention n'est pas la même, donc la qualité du contact n'est pas la même.
En contrepartie, vous disposez de leviers que Google n'offre pas : l'âge, la zone géographique, les centres d'intérêt, les comportements, le moment de diffusion. C'est cette précision de ciblage qui compense le manque d'intention.
Clic cher et intention forte d'un côté, clic bon marché et intention faible de l'autre. Aucun des deux n'est meilleur dans l'absolu. Ce sont deux métiers différents.
Le coût du clic n'est pas le chiffre à regarder
C'est le piège classique. On compare les canaux au coût du clic, alors que ce qui compte est le coût d'un client.
Un clic à dix euros qui se transforme une fois sur dix vous coûte cent euros le contact. Un clic à trente centimes qui se transforme une fois sur mille vous en coûte trois cents. Le canal le moins cher au clic est ici le plus cher au client.
Et ce rapport de transformation ne dépend presque pas de la régie. Il dépend de ce qui se passe après le clic, c'est-à-dire chez vous.
Le levier que presque personne n'actionne
Si vous ne retenez qu'une partie de cet article, prenez celle-ci.
1 % ou 3 % : le même budget, trois fois plus de clients
Prenons un cas volontairement simple, avec des chiffres ronds.
- Vous investissez 100 € en publicité.
- Le clic vous coûte 1 €, vous obtenez donc 100 visites.
- Votre page convertit à 1 % : une visite sur cent devient une demande de devis.
- Résultat : 1 demande, qui vous a coûté 100 €.
Maintenant, vous ne touchez ni au budget, ni au canal, ni au ciblage. Vous travaillez uniquement la page d'arrivée, et vous passez à 3 %.
- Toujours 100 €, toujours 100 visites.
- Votre page convertit à 3 %.
- Résultat : 3 demandes, à 33 € l'unité.
Vous n'avez pas gagné deux points de pourcentage. Vous avez divisé votre coût d'acquisition par trois. À budget identique. Sans négocier avec personne.
C'est pour ça que je considère qu'une campagne lancée sur un site qui ne convertit pas est une dépense décidée à l'envers. Vous payez le plein tarif pour verser de l'eau dans une passoire. Et c'est aussi pour ça qu'un site peut se juger sur ce qu'il produit : le plus beau site du monde ne sert à rien s'il ne transforme pas.
Sur cent visites, vous ne savez rien
Reprenons l'exemple ci-dessus, mais dans la vraie vie.
Cent visites et une demande, ça ne veut pas dire que vous convertissez à 1 %. Ça veut dire qu'il s'est passé une chose, une seule fois. La demande suivante peut arriver à la cent-dixième visite comme à la trois-centième. Sur ces volumes, vous ne mesurez rien, vous constatez du hasard.
C'est exactement la raison pour laquelle les petits budgets sont un piège. Ce n'est pas seulement qu'ils rapportent peu. C'est qu'ils ne vous apprennent rien, donc ils ne vous permettent même pas de décider si ça valait le coup de continuer.
Jamais vers la page d'accueil
Je vais insister, parce que c'est l'erreur la plus fréquente et la plus chère.
Une publicité ne doit jamais, jamais renvoyer vers votre page d'accueil.
Une page d'accueil est un carrefour. Elle présente l'entreprise, les services, les valeurs, l'équipe, les réalisations. Elle propose tout, donc elle ne demande rien. Le visiteur arrive avec une intention précise, tombe sur un menu, et repart.
Une annonce promet une chose. La page qui la reçoit doit tenir cette chose, immédiatement, et proposer une seule action. C'est tout le principe d'une page d'atterrissage dédiée, et c'est souvent ce seul changement qui sépare une campagne rentable d'une campagne perdue.
Ajoutez à ça que personne ne fera l'effort de chercher où cliquer, et vous comprenez pourquoi ce détail pèse plus lourd que le choix de la régie.
De quoi dépend réellement le montant
Voici les curseurs. Ce sont eux qui décident, et il faut les regarder ensemble, pas un par un.
Est-ce qu'on vous cherche ?
C'est la première question, et elle tranche à elle seule la moitié du sujet.
Plombier, chauffagiste, plaquiste, restaurant, coiffeur, serrurier. Métiers identifiés, besoins nommés, recherches quotidiennes. La demande existe déjà, il suffit d'être là où elle se manifeste. Le raisonnement est simple, le coût est la seule vraie variable.
Produit nouveau, service que personne ne connaît, catégorie qui n'existe pas encore dans la tête des gens. Là, personne ne tape votre nom dans un moteur de recherche, pour la bonne raison que personne ne sait que ça existe. Il faut créer la demande, et ça se passe ailleurs, plus lentement, plus cher au départ.
Qu'est-ce que vous avez déjà en main ?
Une entreprise n'arrive jamais les mains vides, et ce qu'elle possède change complètement l'équation :
- des clients contents qui acceptent de témoigner ;
- un métier visuel, qui se filme et se photographie facilement ;
- quelqu'un dans l'entreprise ou dans l'entourage à l'aise avec la vidéo ;
- des partenaires, un réseau local, des prescripteurs ;
- une base de clients existants qu'on peut réactiver.
Chacun de ces atouts réduit le budget nécessaire, parfois massivement. Une entreprise qui produit du contenu régulièrement paie moins cher son acquisition qu'une entreprise qui doit tout acheter. Ce n'est pas une opinion, c'est arithmétique.
Qu'êtes-vous prêt à investir dans l'apprentissage ?
Question rarement posée, pourtant décisive. Vous devez savoir, avant de commencer, combien vous pouvez engager sans que ça vous mette en difficulté si ça ne donne rien.
Ce n'est pas de la prudence excessive. C'est ce qui vous permettra de tenir assez longtemps pour savoir. Quelqu'un qui ne supporte pas de voir partir mille euros sans retour immédiat coupera au bout de deux semaines, c'est-à-dire au pire moment, et il aura tout perdu au lieu d'avoir appris.
À qui faites-vous face ?
Sur les canaux payants, vous n'achetez pas un tarif fixe. Vous participez à des enchères. Le prix de votre visibilité est fixé par ce que vos concurrents sont prêts à payer.
Un secteur très disputé fait monter le clic, mécaniquement. Un secteur ignoré vous laisse acheter de l'attention pour presque rien. Regarder ce que font vos concurrents n'est pas de l'espionnage, c'est le seul moyen de savoir dans quel type de marché vous mettez les pieds.
À quel moment en êtes-vous ?
Une entreprise qui démarre, une entreprise installée depuis quinze ans et une entreprise qui lance une nouvelle activité n'ont pas le même problème.
La première doit tout construire, y compris la confiance. La deuxième a déjà des clients, des avis, une réputation locale, et doit surtout arrêter de les gâcher. La troisième s'appuie sur un acquis pour ouvrir un nouveau front. Trois budgets différents, trois canaux différents, trois horizons différents.
Les canaux, et ce qu'ils supposent
Une fois les curseurs posés, le choix du canal découle presque tout seul.
Google Ads est en général le point de départ le plus simple, à une condition : qu'on vous cherche. Si votre métier est identifié et que votre zone est locale, allez là où la demande se manifeste déjà. La contrepartie est connue, c'est le prix du clic, qui peut exiger un budget conséquent selon les mots-clés de votre secteur.
Meta, TikTok, Snapchat, Pinterest répondent à une autre situation : personne ne vous cherche, donc il faut se faire découvrir. C'est le terrain du produit visuel, de la démonstration, du contenu qui donne envie. Le clic y est bon marché mais tout repose sur la qualité de ce que vous montrez. Sans images correctes ni vidéos, ces canaux ne fonctionnent pas.
Et il ne s'agit pas d'être partout. Chaque canal supplémentaire demande des contenus, du suivi, du pilotage. Savoir d'où vient réellement votre trafic vaut mieux que d'ouvrir cinq comptes que personne n'alimentera.
Deux cas qui montrent qu'il n'y a pas de réflexe
Le plombier qui n'avait pas besoin de Google Ads
Vous êtes plombier. Le réflexe, le mien comme celui de n'importe qui, c'est Google. On vous cherche, allez-y.
Sauf que sur ce marché, le clic est cher et la concurrence dense. Vous payez pour apparaître à côté de trois autres entreprises. Le prospect vous appelle, puis appelle les trois autres, compare, et vous voilà en train de discuter le tarif. Vous avez payé pour entrer dans une guerre des prix.
Maintenant, ce même plombier fait des chantiers qui se filment très bien. Avant-après, réparation en cours, geste technique, chantier compliqué qui se termine bien. Il est à l'aise avec son téléphone, il monte ses vidéos lui-même avec les outils gratuits qui existent aujourd'hui.
Il publie régulièrement, ancré localement, sur des chantiers du coin. Petit à petit il devient une tête connue dans son secteur, celui qu'on reconnaît, celui qu'on recommande. C'est exactement ce que font les métiers du nettoyage automobile, du nettoyage de canapés, de la rénovation. Leurs vidéos tournent parce que le résultat se voit.
Coût publicitaire : proche de zéro. Coût en temps : réel. Et le contact qui arrive par là ne compare pas trois devis, il vous a choisi.
La solution évidente n'était pas la bonne. Elle ne l'était pas parce que ce plombier-là possédait un atout que ses concurrents n'avaient pas.
Le salon de coiffure pour qui les réseaux sont un frein
Prenons l'inverse. Un salon de coiffure, activité visuelle par excellence. Tout le monde vous dira d'aller sur Instagram.
Beaucoup de salons le font. Ils publient, ils y passent du temps, et au bout d'un an ils ont cent cinquante abonnés dont la moitié sont des clients déjà acquis et des confrères.
Le problème n'est pas l'absence de résultat, c'est que le compte devient un handicap. Un visiteur qui découvre un salon, tombe sur un compte à cent abonnés avec des photos prises à la va-vite sous un néon, en tire une conclusion sur la qualité du salon. Une conclusion souvent injuste, mais immédiate.
Pour ce salon, travailler ses avis clients et sa présence locale produira davantage, plus vite, pour moins cher. C'est le même raisonnement que pour « Instagram me suffit » : le canal n'est bon que s'il est servi correctement.
Une campagne, ça se pilote
Dernier point, et sans doute le plus important sur la durée.
Ce qu'on regarde au bout d'un mois
Une campagne n'est pas une décision, c'est une série de décisions. Au bout d'un mois, on s'assoit et on regarde des choses précises :
- combien de demandes concrètes sont arrivées, pas combien de clics ;
- combien vous a coûté chacune de ces demandes ;
- combien se sont transformées en clients réels ;
- où les gens décrochent : avant le clic, sur la page, dans le formulaire ;
- quelles annonces et quelles audiences portent le résultat.
Chacun de ces points appelle une correction différente. Peu d'impressions, c'est le ciblage ou l'enchère. Beaucoup de clics et aucune demande, c'est la page, pas la publicité. Des demandes qui ne se transforment pas, c'est l'offre ou le suivi commercial. Confondre ces trois situations, c'est corriger le mauvais endroit.
Changer de canal n'est pas un échec
« On met en place et on laisse tourner » n'existe pas. Ce n'est pas une méthode paresseuse, c'est une méthode qui ne marche pas.
Piloter, c'est accepter de couper ce qui ne donne rien, de déplacer le budget vers ce qui fonctionne, parfois d'abandonner un canal pour en tester un autre. Un canal abandonné après un mois d'analyse propre n'est pas un échec, c'est une réponse. Vous savez maintenant quelque chose que vous ne saviez pas.
Et pour savoir, il faut mesurer. On peut faire dire beaucoup de choses aux chiffres, mais regardés aux bons endroits, ils donnent les tendances, et les tendances suffisent à décider. Sans suivi, il ne reste que l'intuition, et l'intuition coûte cher en publicité.
C'est aussi pour ça que je me méfie des campagnes confiées à quelqu'un qui n'aura ni le temps ni le mandat de les piloter : un apprenti n'est pas un directeur marketing, et personne ne devrait porter cette responsabilité seul.
Alors, quel budget ?
Vous n'aurez pas votre chiffre, et vous savez maintenant pourquoi.
Ce que vous avez à la place, ce sont les bonnes questions. Celles qui produisent le montant au lieu de le deviner :
- Est-ce qu'on cherche ce que je vends, ou faut-il créer la demande ?
- Qu'est-ce que je possède déjà : du contenu, des avis, un réseau, des clients à réactiver ?
- Combien me coûte une visite sur le canal que j'envisage ?
- Est-ce que la page qui reçoit cette visite est faite pour transformer, ou est-ce une page d'accueil ?
- Combien puis-je engager pendant trois mois sans que ça me mette en difficulté ?
- Est-ce que je saurai, à la fin du mois, ce qui s'est réellement passé ?
Répondez à ces six questions et le budget apparaît de lui-même. Il ne sera pas rond, il ne ressemblera pas à celui du voisin, et c'est bon signe.
Un budget publicitaire n'est pas un montant qu'on décide. C'est la conséquence d'une situation qu'on a comprise.
Si vous voulez qu'on regarde la vôtre concrètement, écrivez-moi. On passe en revue votre activité, ce que vous avez déjà en main et ce que votre site produit aujourd'hui, et je vous dis franchement si la publicité est votre prochaine étape ou si votre argent travaille mieux ailleurs.
Questions fréquentes
Quel budget minimum prévoir pour de la publicité en ligne ?
Il n'y a pas de montant universel, et méfiez-vous de quiconque vous en donne un sans connaître votre activité. Ce qui est certain, c'est qu'en dessous d'un certain volume vous n'obtenez pas assez de données pour analyser quoi que ce soit. Raisonnez plutôt en durée : de quoi tenir plusieurs mois d'affilée, pas un gros coup sur une semaine.
Cent euros par mois de publicité, ça sert à quelque chose ?
Non, dans la quasi-totalité des cas. Vous obtiendrez quelques clics, aucune donnée exploitable et aucune décision possible. Ces cent euros produisent bien plus ailleurs : une vidéo correcte, une offre de lancement, une raison concrète de faire venir des gens.
Pourquoi les régies limitent-elles mon budget quotidien ?
Parce que les dépenses massives et instantanées ont longtemps servi à la fraude et au spam. Les plateformes plafonnent donc ce que vous pouvez dépenser par jour, surtout sur un compte récent. Conséquence directe : vous ne pouvez pas compenser une durée courte par un gros montant.
Combien de temps avant d'avoir des résultats ?
Comptez en mois, pas en jours. Chaque régie fonctionne sur un algorithme qui a besoin d'un volume de données pour comprendre qui réagit à vos annonces. Tant que cette phase d'apprentissage n'est pas passée, ce que vous observez ne veut rien dire.
Est-ce que « booster une publication » sert à quelque chose ?
À gonfler des chiffres, oui. À générer du chiffre d'affaires, presque jamais. Le bouton Booster est un produit d'appel : aucun ciblage sérieux, aucune structure de campagne, aucun suivi des conversions. Vous achetez de la portée, pas des clients.
Combien coûte un clic en publicité ?
De vingt centimes à quinze euros selon le canal et le secteur. Sur les réseaux sociaux, le clic est bon marché mais l'audience n'a rien demandé. Sur Google, le clic est cher parce que la personne cherche activement, et sur les mots-clés très disputés les enchères montent très haut.
Vaut-il mieux Google Ads ou les réseaux sociaux ?
Cela dépend d'une seule chose au départ : est-ce qu'on vous cherche ? Si votre métier est identifié et qu'on tape son nom dans Google, allez là où la demande existe déjà. Si personne ne cherche votre produit, il faut créer la demande, et c'est le terrain des réseaux.
Faut-il une page dédiée pour une campagne publicitaire ?
Oui, systématiquement. Une publicité ne doit jamais arriver sur la page d'accueil : elle propose tout, donc elle ne demande rien. Une page dédiée reprend la promesse de l'annonce et propose une seule action. C'est souvent ce seul changement qui fait la différence entre une campagne rentable et une campagne perdue.
Peut-on faire de la publicité sans budget ?
On peut faire de l'acquisition sans budget publicitaire, ce n'est pas la même chose. Contenu, partenariats, recommandations, avis clients : ça coûte du temps au lieu de coûter de l'argent. Si vous n'avez ni l'un ni l'autre, aucune campagne ne réglera le problème.
Comment savoir si ma campagne est rentable ?
En rapportant ce que vous avez dépensé à ce que ça vous a rapporté, pas aux clics. Il faut donc que les demandes de devis, les appels et les commandes soient tracés avant le lancement. Sans ce suivi, vous ne pilotez rien et vous jugez à l'intuition.
Ma campagne ne donne rien au bout d'un mois, que faire ?
Regardez d'abord où ça casse. Peu d'impressions, c'est un problème de ciblage ou d'enchère. Beaucoup de clics et aucune demande, c'est la page d'arrivée qui ne convertit pas, pas la publicité. Ces deux situations n'appellent pas du tout la même correction.
Quel budget publicitaire pour un artisan ou un commerce local ?
La bonne question n'est pas le montant mais le point de départ : votre fiche Google, vos avis et une page qui répond vraiment à la demande locale. Beaucoup d'artisans obtiennent plus en soignant ces trois points qu'en lançant une campagne payante sur une base qui ne convertit pas.
Et vous ?
Un avis, un conseil, un coup de main sur votre projet.
Un doute, une question, un projet que vous tournez dans votre tête ? Écrivez-moi. Pas de rendez-vous découverte, pas de tunnel commercial : je lis et je réponds en personne, franchement.
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