Le point de vue
WordPress, Wix ou sur-mesure : vous vous posez la mauvaise question.
Je ne construis plus de sites WordPress, sauf rares exceptions. Ce n'est pas une position technique. C'est ce que dix ans de sites livrés m'ont appris sur ce qui compte vraiment.
En bref
- Le choix du CMS est un débat de techniciens, pas une décision d'entrepreneur.
- WordPress se justifie quand quelqu'un touche vraiment au site. Presque personne ne le fait.
- « Je veux pouvoir modifier moi-même » est l'intention la plus fréquente et la moins suivie d'effet.
- Vous pouvez tout apprendre, tout est disponible, l'IA fait le reste. La vraie question est de savoir ce que ça vous coûte.
- Un site qui ne fonctionne pas coûte plus cher qu'un site qu'on n'a pas fait.
- Les modifications à venir se prévoient avant, pas après.
Le débat qui n'en est pas un
WordPress ou Wix. Wix ou Webflow. Squarespace, IONOS, un thème acheté, du sur-mesure. Chacun a ses partisans, ses comparatifs, ses tableaux à colonnes vertes et rouges.
Si c'est ce que vous cherchez, il existe des articles entiers là-dessus, mieux documentés que celui-ci. Allez-y.
Moi, après plusieurs dizaines de sites créés et mis en ligne, je constate une chose : cette question n'a jamais déterminé le résultat. J'ai vu des sites WordPress qui rapportent et des sites WordPress morts. Des sites sur-mesure remarquables et des sites sur-mesure inutiles.
Ce qui fait la différence est ailleurs.
Ce que WordPress promet, et que presque personne n'utilise
L'argument principal en faveur d'un CMS, c'est l'autonomie. Une interface, un back-office, la possibilité de changer un texte, ajouter une page, publier un article.
C'est un vrai argument. Il vaut pour ceux qui s'en servent réellement.
Un média qui publie trois articles par semaine a besoin de cette interface. Un site avec plusieurs rédacteurs, un catalogue qui bouge tous les jours, une équipe éditoriale : là, oui, sans discussion.
Le problème, c'est que ce n'est pas la situation de la plupart des entreprises.
Dans les faits, le back-office est ouvert deux fois : le jour de la livraison, et six mois plus tard pour changer un numéro de téléphone. L'intention d'écrire des articles existe presque toujours. Elle survit rarement au premier trimestre.
Alors on paie la complexité d'un outil pour une liberté qu'on n'exerce pas. On hérite des mises à jour, des extensions, des incompatibilités et des failles, en échange d'une porte qu'on n'ouvre jamais.
« Je veux pouvoir modifier moi-même »
C'est la phrase que j'entends le plus souvent. Elle part d'une bonne intention et elle se retourne presque toujours contre celui qui la prononce.
Parce que modifier un site, ce n'est pas remplir un champ. C'est comprendre une structure, respecter une hiérarchie, ne pas casser une mise en page, ne pas dégrader le référencement d'une page qui fonctionnait.
Le résultat, je le connais : au bout d'un an, la page a trois polices, deux tailles de titre et un bloc qui déborde sur mobile. Personne n'a mal fait son travail. C'est juste que ce n'était pas son travail.
Je suis honnête sur ce point, parce que je m'applique la même règle : je n'interviens sur aucun site que je n'ai pas construit. Soit je refais, soit je ne touche pas. Bricoler sur une base bancale, c'est passer trois heures à comprendre le problème de quelqu'un d'autre pour un résultat que je n'assumerai pas.
La salle de bain
Tout le monde peut refaire sa salle de bain.
Ce n'est pas une provocation. Les tutoriels existent, gratuits, détaillés, image par image. On y explique le placo hydrofuge, la pente d'évacuation, le joint silicone, la reprise d'étanchéité. Tout est disponible, tout de suite, sans rien payer.
Et pourtant les artisans existent toujours. Pas parce que l'information est cachée. Parce que la refaire demande du temps, de l'outillage, des erreurs qu'on paye, et surtout du jugement quand la réalité ne ressemble pas au tutoriel. Un mur pas d'équerre, une évacuation mal placée, un plancher qui bouge.
Pour un site, c'est exactement pareil, et aujourd'hui plus que jamais. Tout ce que je fais, vous pouvez l'apprendre. L'information est publique, et l'IA est un outil réellement puissant qui accélère tout. Ce n'est pas un discours de façade : c'est vrai.
La question n'est donc pas « est-ce que je peux ». Elle est « est-ce que c'est là que je veux passer mon temps ».
Le vrai calcul
Si vous voulez le faire vous-même, faites-le. Sincèrement. Aucun problème avec ça, au contraire.
Mais faites le calcul en entier.
Comptez les heures d'apprentissage. Les heures de construction. Les heures de correction. Les semaines de retard sur la mise en ligne. Et surtout, le résultat obtenu au bout : est-ce qu'il fait ce que vous attendiez, ou est-ce qu'il existe simplement ?
C'est le même raisonnement qu'en comptabilité. Vous pouvez apprendre à tenir vos comptes, tout est documenté. Sauf que n'importe quel dirigeant qui a fait une erreur dans ses déclarations sait exactement ce que cette erreur a coûté.
Un site qui donne une image amateur ne vous coûte pas ce que vous avez économisé dessus. Il vous coûte ce qu'il ne vous rapporte pas.
Un site suit la même logique, en moins visible. Il ne vous envoie pas de redressement. Il vous coûte les clients qui ne vous ont pas contacté, et vous ne saurez jamais combien ils étaient.
Ce qui se prévoit avant, pas après
Il y a une manière simple de régler le débat de l'autonomie : le poser au départ.
Vous savez que vous publierez des articles ? Que vos tarifs changeront tous les six mois ? Que vous ajouterez des références régulièrement ? Ça se dit avant, et ça se construit en conséquence.
Sur mes projets, ces besoins sont identifiés au départ et intégrés dans le fonctionnement. Ce n'est pas un supplément qu'on découvre après, c'est une donnée du cahier des charges au même titre que le reste.
La différence entre « je pourrai peut-être y toucher un jour » et « voilà ce qui bougera, à quelle fréquence, et par qui », c'est toute la différence entre un site qui vieillit mal et un site qui reste vivant.
Quand une solution standard suffit
Je ne vais pas prétendre que tout doit être sur-mesure. Ce serait malhonnête, et je vends l'inverse par ailleurs.
J'ai développé un outil de vitrine digitale interactive pour les pâtisseries et les métiers de bouche. Standardisé, rapide à déployer, efficace. Il fonctionne très bien, parce que ces activités partagent une vraie base commune : une carte, des produits, des horaires, une saisonnalité.
Quand une solution universelle correspond réellement à votre situation, prenez-la. C'est plus rapide et moins cher.
Le piège est ailleurs : c'est de prendre une solution universelle en espérant qu'elle règle un besoin spécifique. Deux entreprises du même secteur n'ont pas les mêmes objectifs, ni la même clientèle, ni la même stratégie, ni les mêmes moyens. Un gabarit ne s'adapte pas à une situation. C'est la situation qui finit par s'adapter au gabarit, et c'est là qu'on perd.
La seule question qui compte
Alors, WordPress ou pas WordPress ?
Aujourd'hui, je construis sur-mesure. Ça me permet de piloter exactement ce qui se passe, de ne rien traîner d'inutile, d'obtenir des pages rapides et de tout orienter vers un objectif précis. WordPress reste sur la table quand une équipe éditoriale l'exige vraiment. C'est un choix de situation, pas une religion.
Mais si vous êtes en train de comparer des plateformes, vous n'êtes pas encore au bon endroit du problème.
Les vraies questions sont celles-ci. Qu'est-ce que ce site doit produire, concrètement ? Qui s'en occupe dans un an ? Qu'est-ce qui va bouger, et à quelle fréquence ? Et acceptez-vous un résultat approximatif, ou pas ?
Répondez à celles-là, et le choix de la technologie se fera tout seul. Il n'a jamais été le sujet.
Si vous hésitez sur votre cas précis, écrivez-moi. On regarde ce que votre site doit vraiment produire, et je vous dis ce qui tient la route, sans langue de bois.
Questions fréquentes
WordPress est-il dépassé ?
Non. C'est un outil solide, adapté quand une équipe publie réellement du contenu. Le problème n'est pas l'outil, c'est de le choisir pour une autonomie qu'on n'exercera pas.
Wix ou Squarespace, ça vaut quoi ?
Pour un besoin simple, assumé comme tel, ça peut suffire. Les limites apparaissent dès qu'il faut sortir du gabarit ou récupérer proprement ce qui a été construit.
Puis-je faire mon site moi-même ?
Oui. Tout est accessible et l'IA accélère énormément. Mesurez juste le temps réel que ça vous prend, et jugez le résultat sur ce qu'il rapporte, pas sur ce qu'il a coûté.
Les formations pour gérer son site soi-même, ça sert ?
Ça sert si vous comptez vraiment y consacrer du temps chaque semaine. Sinon vous apprenez un outil que vous n'ouvrirez pas.
Pourquoi ne pas reprendre un site existant ?
Parce que reprendre une base qu'on n'a pas construite prend souvent plus de temps que refaire, pour un résultat qu'on ne peut pas garantir. Je préfère annoncer ça d'emblée.
Le sur-mesure, c'est plus cher ?
Pas forcément, et de moins en moins. Comparez surtout ce que chaque option vous coûte sur trois ans, en incluant votre temps et les abonnements.
Quel CMS choisir pour un site vitrine ?
Posez d'abord la question autrement : qui va s'occuper du site dans un an, et qu'est-ce qui va bouger ? Si personne ne publie régulièrement, le CMS ne vous apporte qu'une complexité en plus. Le choix technique découle du besoin réel, jamais l'inverse.
Faut-il un back-office pour modifier son site ?
Seulement si vous vous en servirez vraiment. Dans les faits, beaucoup de back-offices sont ouverts deux fois : le jour de la livraison, et six mois plus tard pour changer un numéro de téléphone. Autant le savoir avant de payer pour ça.
Un site sur-mesure est-il modifiable ?
Oui, à condition de le prévoir au départ. Si vous savez que vos tarifs changeront ou que vous publierez des articles, ça s'intègre dès le cahier des charges. Ce n'est pas un supplément qu'on découvre après, c'est une donnée du projet.
Pourquoi ne construisez-vous plus de sites WordPress ?
Par choix de situation, pas par religion. Le sur-mesure me permet de piloter exactement ce qui se passe, de ne rien traîner d'inutile et d'obtenir des pages rapides. WordPress reste sur la table quand une équipe éditoriale l'exige vraiment.
Et vous ?
Un avis, un conseil, un coup de main sur votre projet.
Un doute, une question, un projet que vous tournez dans votre tête ? Écrivez-moi. Pas de rendez-vous découverte, pas de tunnel commercial : je lis et je réponds en personne, franchement.
À lire aussi
Combien coûte un site web à l'ère de l'IA.
Une agence à 5 000 €, un freelance à 1 500 €, Wix, une IA en dix minutes. L'IA ne change qu'une seule chose : le délai.
Lire l'articleVous n'achetez pas un logiciel. Vous rachetez votre temps.
Le logiciel sur mesure était réservé aux gros. L'IA a fait tomber la barrière. Une tâche de trois heures par semaine, transformée en cinq minutes.
Lire l'article